Classement des chefs français en volume d’affaire

Chefs 22 décembre 2012 | 0 Commentaires

La fin d’année, c’est la période des classements, alors la presse ne déroge pas à la règle, le magazine Challenges a classé le mois dernier les fortunes professionnelles des chefs français en 2011. Pas sûr que le classement corresponde à la réalité, nous doutons même de sa pertinence car nous y voyons quelques absents, mais en tout cas, il a le mérite d’exister. Bien entendu, c’est sous le titre racoleur que vous allez le retrouver «  Découvrez le classement des 10 chefs français qui gagnent le mieux « , alors qu’il s’agit plutôt du classement des – volumes d’affaires des Chefs – Bonne lecture !

 

Retrouvez le contenu de l’enquête ci-dessous ou cliquez sur le Link.

www.challenges.fr/galeries-photos/entreprise/20121107.CHA2749/decouvrez-le-classement-des-10-chefs-francais-qui-gagnent-le-mieux-leur-vie.html#photo

Classement exclusif établi par Challenges en fonction du chiffre d’affaires réalisé en France et à l’étranger par les chefs français en 2011, à partir des informations recueillies à la fois auprès des intéressés, qui parfois préfèrent parler de « volume d’affaires » pour y inclure leurs contrats de management. La rentabilité n’est pas répertoriée, le sujet restant top secret dans l’univers de la gastronomie.

1 – Alain DUCASSE – Chiffre d’affaires : 120 millions d’euros – 27 restaurants – 19 étoiles. Le chiffre d’affaires d’Alain Ducasse Entreprise stricto sensu est de 70 millions d’euros. Mais en y ajoutant le volume d’affaires généré dans les restaurants qu’il a sous contrat de management dans les palaces (Plaza Athénée, Le Louis XV) et à l’étranger, le cuisinier-businessman affirme avoir 120 millions d’euros sous sa responsabilité. Mais pas dans son patrimoine.

2 – Joël ROBUCHON – Chiffre d’affaires : 75 millions d’euros – 16 restaurants – 28 étoiles. Joël Robuchon avait déjà plus d’étoiles que son rival Ducasse, dont on ne sait pas s’il l’apprécie ou l’envie, et il est le seul capable de le concurrencer aussi pour son volume d’affaires. Présent sur trois continents, l’ancien séminariste est aujourd’hui le gourou éclairé d’une équipe de chefs talentueux qui appliquent ses méthodes et ses recettes dans le monde entier.

3 – Paul BOCUSE – Chiffre d’affaires : 53 millions d’euros – 21 restaurants – 3 étoiles. À 86 ans, le parrain de la grande cuisine française réussit une fin de carrière exemplaire. Son restaurant triplement étoilé ne désemplit pas et son empire continue de grossir. Il a préparé sa succession entre ses deux enfants en accueillant le fonds Naxicap dans le capital de ses brasseries et en réservant une part du capital à ses salariés, dont son lieutenant et associé Jean Fleury.

4 – Georges BLANC – Chiffre d’affaires : 26 millions d’euros – 8 restaurants – 3 étoiles. Le président du groupe Blanc reste aux fourneaux de son restaurant trois étoiles de Vonnas (Ain) et du complexe hôtelier qui le jouxte. Mais il poursuit également le développement de son empire avec un pied de nez à son grand voisin lyonnais Paul Bocuse, en ouvrant en novembre une brasserie baptisée Le Centre au beau milieu de Lyon, où Bocuse possède déjà Le Sud, Le Nord, L’Est et L’Ouest.

5 – Jean-André CHARIAL – Chiffre d’affaires : 17,1 millions d’euros – 5 restaurants – 6 étoiles. Le maître des Baux-de-Provence est le seul grand chef français passé par HEC et l’un des rares restaurateurs membre du Comité Colbert, le club des grands noms français du luxe. Avec son épouse, Geneviève, il a développé l’empire familial bien au-delà du restaurant et du Relais & Châteaux provençal en délocalisant sa brigade à Courchevel pour l’hiver et en lançant ses propres produits (vin, huile, déco).

6 – Guy SAVOY – Chiffre d’affaires : 17 millions d’euros – 6 restaurants – 4 étoiles. Le chef parisien s’apprête à faire un pari risqué en déménageant son restaurant trois étoiles de la rue Troyon, près de l’Arc de triomphe, à l’hôtel de la Monnaie, en bordure de Seine. Ce nouvel écrin va lui offrir une grande visibilité et accroître son domaine, mais cela représente un investissement lourd en argent et en temps pour un chef qui entend développer un groupe tout en restant aux fourneaux.

7 – Laurent et Jacques POURCEL – Chiffre d’affaires : 12 millions d’euros – 12 restaurants – 1 étoile. À 48 ans, les jumeaux montpelliérains ont réussi à internationaliser leur nom et leur concept Le Jardin des Sens avec leur gestion du restaurant français de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010. Leur activisme n’a pas séduit le Michelin, qui leur a retiré leur deuxième macaron cette année après une précédente rétrogradation cinq ans plus tôt. Cette sanction les contraint à rester sages sur les prix.

8 – Guy MARTIN – Chiffre d’affaires : 10,4 millions d’euros – 4 restaurants – 2 étoiles. Le parcours du gamin savoyard, aujourd’hui propriétaire du restaurant parisien le plus joliment situé, dans les jardins du Palais-Royal, force l’admiration. D’autant que Guy Martin n’entend pas en rester là. Depuis un an, il a ouvert Le Grand Véfour à ses ateliers de cuisine, et poursuit le développement de ses enseignes Sensing et Miyou. Grand communicant, il a créé sa Web TV et publie des beaux livres.

9 – Groupe Bernard LOISEAU – Chiffre d’affaires : 9,8 millions d’euros – 4 restaurants – 3 étoiles. Dominique Loiseau, qui possède 53 % du groupe créé par son mari et coté en Bourse, a surpris son monde en présentant d’excellents résultats. Réservations et bénéfices sont en hausse, et la marque, utilisée à l’étranger par des maisons de champagne, de liqueur et de moutarde, continue de rapporter des droits. Les deux restaurants parisiens, Tante Marguerite et Tante Louise, ne désemplissent pas.

10 – Pierre GAGNAIRE – Chiffre d’affaires : 6,4 millions d’euros – 10 restaurants – 12 étoiles. Depuis son échec à Saint-Etienne en 1996, on croyait que ce cuisinier de génie n’était pas un gestionnaire. Il a prouvé le contraire en développant son nom et ses idées avec l’aide d’investisseurs tels que Michel Seydoux, son associé dans le restaurant Gaya Rive gauche. Présent à Tokyo, Hong-kong, Dubai et Séoul, il ouvrira son onzième restaurant en décembre à Berlin dans l’hôtel Waldorf Astoria.

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Émissions culinaires à la télévision… quel avenir ?

Presse & Médias,Tendances 30 juillet 2012 | 4 Commentaires

Quel avenir pour les émissions culinaires grand public en France ?

Depuis le lancement de la première émission de  » Real TV  » culinaire en 2004,  » Oui, Chef ! « , quel avenir pour les émissions culinaires en France ?

Le seul qui ait vraiment réussi sur ce créneau et qui reste à ce jour le seul chef connu et reconnu dans la tête du grand public, c’est bien Cyril Lignac. Un vrai chef issu du milieu professionnel pour qui la télévision aura été un tremplin médiatique fantastique. Il fut le premier à être modelé pour intégrer la course effrénée des émissions culinaires qui tiennent l’antenne en première partie de soirée.

Sa personnalité, son charisme et sa passion pour la cuisine ont emporté tout le monde, bien au-delà de toutes les attentes et les estimations d’audimat et des chefs confirmés qui lui prédisaient un plantage en bonne et due forme. De 2004 à 2006  » Oui Chef ! «  créé pour M6, a ouvert la voie, Cyril Lignac a aussitôt enchaîné avec  » Chef La Recette ! « . Pendant ce temps-là, la deuxième série de «  Oui, chef !  » avec une candidate féminine faisait un flop.

TF1 s’est aussitôt intéressé au créneau se livrant face à M6 à une guerre sans merci. Depuis, les émissions culinaires inspirées de la gastronomie se multiplient sur le petit écran, mais sans vraiment se renouveler puisqu’elles sont souvent des formats repris d’émissions produites à l’étranger. Alors le public va-t-il frôler l’indigestion ou au contraire le public particulièrement friand de ces programmes va-t-il s’installer pour une décennie devant son petit écran ?

On se souvient tous des émissions de Maïté, déesse plantureuse du fourneau, retraitée de la SNCF, cuisinière pour noces et banquets dans sa vie, qui se retrouve propulsée derrière l’écran dans  » La cuisine des Mousquetaires « . Maïté, avec sa personnalité aux accents terroir, a inventé l’émission de cuisine à haut risque, l’anguille décapitée restera dans la mémoire collective. Depuis, l’émission a fait pas mal de petits. Souvent critiquée, elle restera celle qui a démocratisé la cuisine à la télé.

Rares sont ceux qui s’en souviennent encore, mais lors du premier épisode de «  Oui chef ! « , les parrains étaient Jacques Pourcel et Maïté. Il faut dire qu’aucun autre grand chef ne s’était risqué à se montrer dans une émission de télé réalité dont le propos était la cuisine. Personne ne croyait au créneau et aucun grand chef auréolé d’étoiles n’était prêt à se mettre en danger de la sorte devant les écrans de M6.

Depuis, les choses ont évolué, on se presse dans les émissions de cuisine, y participer amène beaucoup de notoriété.

 » Bon appétit bien sûr « , avec le chef Robuchon (France 3), a pris le relais de Maïté. Après 10 ans d’émission de recettes de chefs, elle disparaîtra définitivement pour laisser la place à des émissions tendances sur des grilles d’horaires plus porteuses. Top Chef (M6), Un dîner presque parfait (M6), Cauchemar en cuisine (W9), C’est moi qui régale (Gulli), A table ! (France3), Master chef (TF1) ou encore Le chef contre-attaque (M6)… Le créneau des enfants n’est pas oublié non plus avec MasterChef Junior… À ce jour, les programmes culinaires pullulent sur le petit écran.

Dans les années 80, la cuisine traditionnelle française était à l’honneur sur les écrans, authenticité, terroir, cuisine de famille. Un temps, Micheline donnait des leçons de cuisine avec toute la pédagogie qui va avec. Ce fut ensuite l’arrivée sur les écrans de la belle Julie Andrieu, qui depuis 2001 occupait l’antenne sur le créneau de la ménagère en quête de recettes et de bons produits, de «  Julie Cuisine  » à  » Côté Cuisine  » avant d’être moins présente sur le petit écran.

Dernièrement, Jean-Pierre Coffe a d’ailleurs claqué la porte de Vivement Dimanche sur France 2 et de sa chronique gourmande. Pour lui, trop, c’est trop : « Nous avons décidé d’arrêter car il y a pléthore. La cuisine est partout, sans pédagogie derrière. C’est un phénomène de mode et c’est n’importe quoi !  » déclare-t-il sur Le Figaro, de même pour les cours de cuisine, n’importe quel chef sans expérience donne des cours de cuisine !

Aujourd’hui, les émissions mettent en scène la plupart du temps des concours avec des cuisiniers amateurs, professionnels ou les deux, dans une course effrénée au mets le plus  » branché « , jugé par des jurys de grands chefs du plus sévère au plus sympa, face à des candidats qui vont du plus étonnant au plus tarte. Le spectacle est dans les cuisines et la mayonnaise prend, le public suit et l’audimat aussi… mais pour combien de temps ?

Ne risque-t-on pas de frôler l’indigestion ?… Nous ne le pensons pas si les émissions restent de qualité et si au-delà des compétitions scénarisées, les émissions laissent place à la spontanéité. Le choix de candidats à fortes personnalités, talentueux et charismatiques séduisent le public.
Le tournant qualité pris par la mise en scène de vrais talents dans  » The Voice « , abandonnant le format  » Star Academy  » plus léger, se répercutera-t-il sur les émissions culinaires ?

Par contre, les émissions de recettes de cuisine ou les rubriques cuisine ont besoin de renouveler leurs formats ou elles risquent de définitivement disparaître.

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Depuis l’angle du comptoir : ça bouge dans les marmites !

Brèves de Comptoir,Chefs 11 janvier 2012 | 0 Commentaires

Anne-Sophie Pic

s’installera en mai 2012, au 20, rue du Louvre à Paris, dans le 1er arrondissement. En effet, la seule femme couronnée de trois étoiles en France par le guide Michelin va ouvrir un restaurant à Paris au printemps. La chef, qui compte trois macarons dans le restaurant familial de Valence, mais aussi deux à Lausanne (Suisse), promet une « carte plus simple » sans « menu gastronomique à rallonge » et qui change plus souvent. Les locaux d’une superficie de 220 m2 sur deux niveaux (rez-de-chaussée et sous-sol) étaient auparavant occupés par un antiquaire. Ils devraient accueillir une cinquantaine de couverts, dont une salle privée pour dix personnes. Le nom de cette nouvelle adresse gastronomique n’a pas encore été trouvé selon Anne-Sophie Pic. Le rez-de-chaussée de ce restaurant, à la décoration « féminine », « raffinée » et « chaleureuse » selon la chef, sera composé d’une cuisine visible depuis la salle. Le sous-sol abritera un salon privé et une cuisine de préparation. Anne-Sophie Pic, 42 ans, et son mari David Sinapian, cherchaient un lieu dans la capitale depuis deux ans.

Laurent

La concession du grand restaurant des jardins des Champs-Élysées a été de nouveau accordée à Isidore Partouche, le pape des casinos, qui reste gérant de l’ancien pavillon Napoléon III. La mairie de Paris a écarté les candidatures d’Alain Ducasse, de Michel Reybier, nouvel acquéreur de la Résidence Maxim’s en face de Laurent, et de Serge Michel, PDG de Ledoyen, rival du restaurant élyséen. Le restaurant étoilé Michelin « Laurent »  s’est engagé à effectuer des travaux de rénovation touchant la façade, entre autres.

Guy Savoy, à l’Hôtel de la Monnaie

Le grand cuisinier trois étoiles parisien s’installera dans les salons de la Monnaie de Paris, sur les quais de la rive gauche, proche de l’Académie Française, à la fin de l’année 2012. L’enseigne de la rue Troyon sera cédée, mais Guy Savoy pourra en rester conseiller culinaire.

Philippe Rochat

Considéré comme le meilleur chef suisse, successeur en 1996 du génial Fredy Girardet, le Robuchon helvète, Rochat transmettra le grand restaurant de Crissier, près de Lausanne, à son second Benoît Violier, M.O.F., expert en gibiers, auteur de livres culinaires sur le sujet. La passation des pouvoirs aura lieu avant l’été 2012.

Jean-Louis Costes

restaurateur hôtelier, propriétaire de dizaines d’enseignes dans Paris dont le fameux et branché Hôtel Costes, à deux pas de la place Vendôme, a acheté l’Hôtel Lotti, rue de Castiglione, limitrophe de l’Hôtel Costes, pour 120 millions d’euros. Un coup de maître de l’ancien employé du Plaza dont la fortune personnelle dépasserait 100 millions d’euros. Il semblerait qu’entre les deux frères  Jean-Louis et Gilbert) le mariage d’affaire soit consommé, et que chacun vole maintenant de ses propres ailes. C’est plus d’une centaine d’adresses parisiennes où les protagonistes seraient impliqués.

Les frères Pourcel

Après les ouvertures de Seasens à Cannes, de Yahzou à Beyrouth et leur implication dans l’hôtel le Brussel’s à Val d’Isère en 2011, les frères Pourcel et Olivier Château se concentreront sur l’année 2012 sur l’agrandissement de leur hôtel  » Le Jardin des Sens  » à Montpellier. Douze chambres supplémentaires seront créées par l’architecte montpelliérain, Laurent Dufoix, de même que l’ouverture d’une nouvelle table attenante au restaurant gastronomique, un espace  » bien être et détente  » et un nouvel espace piscine.

Georges Blanc

Le chef patron, trois étoiles à Vonnas dans l’Ain, va s’occuper de l’Hôtel de Paris à Saint-Tropez, une grande adresse de la cité du Bailli. Pour le chef bressan, un as de la poularde au foie gras, voilà une plongée dans la cuisine du Midi : bouillabaisse, aïoli et tarte tropézienne. À découvrir l’été prochain.

Joël Robuchon

À la tête de quatorze enseignes dans le monde, il n’ouvrira que deux adresses en 2012 : un restaurant à Beyrouth et un autre à Bombay, en Inde. Le problème du grand chef est de trouver des professionnels de cuisine et de salle qui répondent à ses critères de choix.

Alain Ducasse

Il jongle avec les projets : d’abord une succursale parisienne de la Trattoria, la table italienne grand public (pâtes à 12 euros) de Monaco, ouverte à la belle saison seulement. Et plus grandiose, le nouveau concept du restaurant trois étoiles, au cœur du Plaza Athénée, avec un décor pour le déjeuner et une féerie magique pour le dîner. Le Landais-Monégasque échafaude des plans révolutionnaires avec François Delahaye, directeur général du palace de l’avenue Montaigne.

Le Michelin 2012

Il devrait être plus fécond que la dernière édition, d’une rare pauvreté puisque Juliane Caspar, la rédactrice en chef, n’avait trouvé aucun grand restaurant digne de la troisième étoile, d’où un flop médiatique qui n’avait pas plu aux caciques de Clermont-Ferrand. D’après certaines rumeurs impossibles à vérifier, langue de bois oblige, trois restaurants de classe accèderaient à la triple couronne, dont le Cinq du George V piloté par Éric Briffard, élève talentueux de Joël Robuchon. Verdict fin février.

Le Ritz

Il fermera le 31 juillet, date officielle annoncée par le palace, pour deux ans de travaux. Les cadres et les employés – cinq cents – seront fixés sur leur sort en juin. Certains sont repris d’office, comme le chef Michel Roth, deux étoiles, à la tête, de 90 cuisiniers, pâtissiers, boulangers, une véritable école d’excellence, certains seront mis à la retraite, et d’autres recommandés pour des emplois dans l’hôtellerie de luxe parisienne. Que sera le Ritz de 2014 ?

Source : Paris chefs

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Ducasse ou Robuchon ?

Pour le Fun,Presse & Médias 24 août 2010 | 1 Commentaire

Et voici un article paru sur Le Figaro du 19 août dernier, que nous avions zappé, mais c’était sans compter sur la perspicacité d’une internaute qui nous a transmis le lien internet…

Alors vous êtes… Mer ou piscine ? Choux à la crème ou religieuse ? Train ou avion ? Mac ou PC ? Ségolène ou Nicolas ? Cannes ou Biarritz ? Chocolat noir ou chocolat blanc ? Van Cleef ou Arpels ? Badoit ou Perrier ? Laurel ou Hardy ? Eté ou hiver ?

Et si vous fréquentez les grands restaurants, vous êtes plutôt Alain Ducasse ou Joël Robuchon ?

Tel est le propos de FS dans une étape supplémentaire de la série de l’été du Figaro  » Duels au Soleil « … édifiant !

Lisez ci-dessous ou suivez le lien ci-après également.

http://www.lefigaro.fr/culture/2010/08/19/03004-20100819ARTFIG00429-tes-vous-ducasse-ou-robuchon.php

Êtes-vous Ducasse ou Robuchon ?

DUELS AU SOLEIL (33) – Ces deux astres de la gastronomie française renvoient à deux manières de vivre.

Résumons donc. Alain Ducasse né dans la Gascogne, Joël Robuchon dans le Poitou. Cela ne nous avance guère, il n’y a pas grand-chose à détricoter. Quoique. Le premier fonctionne plutôt à l’huile d’olive, l’autre au beurre des Charentes. Voilà un vaste pan psychologique: le hamac, les cigales, la sieste opposés au bocage neurasthénique, les lumières laiteuses, les après-midi mornes traversées par les routes communales. Sauf que cela ne correspond pas. Il faut trouver des actes fondateurs.

Ducasse seul survivant d’un accident d’avion. ­Robuchon sauvé du séminaire. On l’a compris, tous les deux ont connu la frousse de leur vie. Ce sont des miraculés. Mais le premier aura appuyé sa bonne fortune sur ses relations du Rocher (Monte-Carlo) pendant que le second a trimé dans les sous-sols des cuisines. Il a franchi tous les cols. Tous deux ont sacrément bien réussi avec cette hargne constante qui nécessite bien plusieurs placards pour entasser les cadavres. Vous sursautez ? Vous avez raison, mais un jour, il faudrait bien que vous descendiez de ­Bisounoursland pour réaliser que le monde des cuisines est un univers assez cruel. Vachard, ­violent, sadique et autres tortures mentales: plats jetés en pleine gueule, coups et blessures.

Nos amis ne sont donc pas des agneaux même s’ils le cuisinent différemment. Disons que Joël adjoindra une admirable purée de pommes de terre (une réinvention qui le fera passer dans la postérité) alors qu’Alain glissera une poêlée de légumes de saison sursautés au wok (le premier à avoir médiatisé les tronçons de carottes et les sifflets de salsifis). C’est aussi une façon de voir le monde: le réduire, l’assujettir, le réincarner façon anthropocentrisme (Robuchon) ou alors lui laisser sa vie, son esthétique naturaliste, sa vocation bio angélique (Ducasse). Si l’on peut se permettre (j’entends déjà les orgues de Staline pivoter vers le boulevard Haussmann), ils gèrent leurs employés un peu de la même ­façon: maillage d’obligés pour le premier, élevage en plein air pour le second. Les cuistots de Joël émergent un peu cabossés de leur passage (mais sortis de leurs conditions) alors que Ducasse les galvanise, les protéine et tous deux en font des ogives nucléaires pulvérisant leur CV.

Tous deux ont leur ancrage, Ducasse oscille entre sa centaine de valises (c’est un collectionneur du genre ainsi que d’antiquités africaines) avec un ancrage Côte d’Azur Riviera (entre ­Maremma et Verdon) alors que Robuchon a constamment nourri un sentiment pour le Japon où il triomphe pour sa légitimité; l’approche hautaine de Ducasse freinant gentiment (comme naguère à New York) ses avancées.

Voyez-vous plus clair entre ces deux astres de la gastronomie ? Voyez-vous des familles dans cette bataille de deux superbes ego juchés sur leur pain de campagne? L’un se veut plus intello, brassant les concepts, entretenant des nuées d’experts, fichant ses journalistes, alors que Robuchon est plus pragmatique, manuel, avec un instinct bonifié par l’âge.

Tous deux, en tout cas, n’ont de cesse d’avancer, ils se tirent la bourre certes avec une jubilation de fripons et de corsaires, mais régulièrement, comme des parrains ivres de victoires, ils se retrouvent dans une auberge planquée, ­garent leur limousine à vitres fumées, s’échangent des maîtres d’hôtel, donnent un coup de main ­discret à des ­copains. Là-dessus, ils sont admirables. Dieu en descendrait presque de son nuage, histoire de converser avec ces deux gredins. Le problème, c’est qu’il aurait du mal à regagner son firmament. Les deux lascars savent toujours cuisiner, et sortir les meilleurs flacons. Ils seraient capables de lui faire ­signer un contrat de franchise pour commercialiser son nom.

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