25 millions d’euros pour une nouvelle école du luxe à la française

05 déc 2014
Catégorie : Presse & Médias

 F&S  La France aura t’elle son école d’hôtellerie grand luxe version  » Lausanne  » ou  » Écully « , c’est en tout cas ce que porte à croire ce nouveau projet porté par un investisseur privé …

 

Lisez ci-dessous ce que révèle l’étudiant.fr.

25 millions d’euros pour une nouvelle école du luxe  » à la française « 

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À la rentrée 2015, une école dédiée à la gastronomie et à l’hôtellerie de luxe ouvrira ses portes au château de Ferrières, près de Paris. Elle est portée par un homme d’affaires du secteur, Khalil Khater, à la tête du groupe Accelis, prêt à mettre 25 millions d’euros sur la table.

En mai 2014, le cabinet Deloitte publiait, pour la première fois, une étude mondiale sur le chiffre d’affaires des entreprises du luxe. Celle-ci montrait à la fois l’énorme potentiel de croissance de ce secteur et la place de choix qu’occupe la France. « Notre savoir-faire en matière d’excellence n’est plus à démontrer, mais il manquait un lieu de formation pour le transmettre« , indique Khalil Khater, président fondateur du groupe Accelis, spécialisé dans quatre domaines : l’hôtellerie-restauration, le luxe, le multiservices et l’immobilier.

L’entrepreneur, qui a débuté, en 1995, avec une société de nettoyage hôtelier, se lance sur le marché de la formation initiale en ouvrant, à la rentrée 2015, “une école de l’excellence à la française”. Elle formera du personnel pour les plus grands hôtels et restaurants au monde. Le concept, marketé comme un produit de luxe à destination d’une clientèle exigeante, ne laisse rien au hasard.

ÉTUDIER AU CHÂTEAU

Le lieu, tout d’abord, est emblématique. L’école sera installée au château de Ferrières, situé en Seine-et-Marne, à 25 kilomètres de Paris. “Il avait été donné par la famille Rothschild à la chancellerie des universités de Paris, en 1975, avec l’idée de développer un projet éducatif, rappelle Khalil Khater, mais le château est resté dans l’état et a été finalement donné, en 2011, à la commune de Ferrières-en-Brie. J’ai signé un bail, en juillet 2013, avec la commune pour faire de ce lieu un écrin de formation à l’excellence à la française.” Les travaux ont démarré en juin 2014, sous la houlette de l’architecte d’intérieur Pierre-Yves Rochon, qui a également signé le Sofitel Saint-James à Londres ou le George-V à Paris.

L’école portera le nom du château : Ferrières. Un patronyme qui sonne comme celui d’une école hôtelière Suisse (Les Roches ou Glion), mais ne se suffira pas à lui-même. L’homme d’affaires lance aussi une marque générique, “I am so french”, englobant l’école, ainsi que deux restaurants d’application – dont un sous forme de bar à vins –, un traiteur, une école française du vin pour adultes, une agence d’événementiel, une boutique de produits de luxe, un service de formation continue et un hôtel d’application – le Paxton Resort and Spa, un quatre étoiles ouvert par Accelis en 2007, à Val d’Europe, non loin du château.

UNE CAUTION MORALE ET UNIVERSITAIRE

Sur le plan pédagogique, Khalil Khater a su frapper aux bonnes portes. Jean-Robert Pitte, ancien président d’université de la Sorbonne et ardent défenseur de la gastronomie française, est président d’honneur de Ferrières. « Lorsque le repas gastronomique des Français a été classé au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco, en 2010, nous avions pris l’engagement de faire vivre et de transmettre ce patrimoine, c’est l’objectif de Ferrières, ainsi que de répondre à la demande croissante des jeunes, motivés par les nombreuses émissions télé, pour se former aux techniques, mais aussi plus largement à LA culture française dans les domaines de la gastronomie et de l’hôtellerie », s’est réjoui le professeur de géographie.

Sollicitée par Jean-Robert Pitte, l’Upem (université Paris-Est Marne-la-Vallée) n’a pas hésité une seconde à s’associer au projet. “Ce qui nous a décidés, c’est que nous sommes membres fondateurs du cluster tourisme en Île-de-France [ndlr : présidé parBernard Saint-Girons, ancien recteur de Créteil], qui a pour vocation de faire émerger un pôle d’excellence en matière et de formation et de recherche dans le tourisme”, commente Frédéric Toumazet, vice-président enseignements et professionnalisation de l’Upem. Des universitaires enseigneront à Ferrières et des intervenants du milieu professionnel pourront être sollicités pour venir à la fac. Celle-ci délivrera aux étudiants de Ferrières qui atteindront le niveau bac+3, une licence professionnelle.

Le cursus, quant à lui, a été monté par l’ancien directeur de l’Edhec, Sébastien Vivier-Lirimont, aujourd’hui directeur associé du cabinet de conseil Headway. Au menu : un bachelor en trois ans (couplé à la licence pro donc), avec possibilité de sortie sur le marché de l’emploi dès le bac+2, suivi d’un mastère (traduit MBA pour l’international) en deux ans avec quatre spécialisations : gastronomie, luxe, tourisme, marketing (elles ouvriront en 2016).

UN CAMPUS DE 1.000 ÉTUDIANTS INTERNATIONAUX

25 millions d’euros seront investis progressivement pour la montée en puissance de l’école, avec l’aménagement, dans le château, de dix salles de cours, d’une bibliothèque, de 400 mètres carrés de caves et de salles de dégustation, de 800 mètres carrés de cuisines professionnelles et d’un auditorium de 500 places dans l’orangerie. Accelis a également acheté des terrains, à proximité, pour faire sortir de terre une résidence étudiante.

L’école contribuera au retour sur investissement par le biais des frais de scolarité : 18.000 euros par an pendant cinq ans (24.000 euros pour les étudiants étrangers). La capacité d’accueil, à terme, sera de 1.000 étudiants dont 50% d’étrangers. Une fondation a été créée (et un appel lancé aux donateurs) pour accorder des bourses aux élèves selon des critères sociaux et de mérite. Pour l’ouverture de l’école, cependant, elles seront versées automatiquement à tout inscrit, à la rentrée 2015 et 2016, et couvriront un tiers de leurs frais de scolarité pendant trois ans.

Il ne manque plus que les clients – enfin les étudiants. Ils vont être recrutés via un concours postbac avec plusieurs sessions au printemps 2015. Ils sont actuellement chassés sur les salons, en France et à l’étranger (Liban, Maroc, Istanbul, Chine…). Le secteur du luxe peut visiblement compter autant sur une clientèle haut de gamme, désireuse à tout prix de s’offrir l’excellence à la française, partout dans le monde, que sur un vivier international de jeunes attirés par ces métiers… quel qu’en soit le coût.

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