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	<title>Chefs Pourcel Blog &#187; Les Halles</title>
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	<description>Actus, humeurs &#38; recettes des Frères Pourcel</description>
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		<title>Kei, Paris : fluidité</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2015 11:46:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Brissaud]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À la petite cuillère C’était un restaurant des Halles, témoin de l’époque où la gastronomie du quartier captait le flot des grands produits français circulant sous les verrières de Baltard : viandes, gibiers, foies gras, truffes, escargots, poissons fins, légumes. Il portait le nom de son chef et propriétaire, Gérard Besson. On y servait des omelettes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/salle11.jpg"><img class="alignnone wp-image-89500 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/salle11-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></h4>
<h4><span style="color: #ff0000;">À la petite cuillère</span></h4>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/A-FS-copie1.jpg"><img class="alignleft wp-image-89217 size-full" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/A-FS-copie1.jpg" alt="F&amp;S" width="30" height="30" /></a>C’était un restaurant des Halles, témoin de l’époque où la gastronomie du quartier captait le flot des <strong>grands produits français</strong> circulant sous les verrières de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Baltard" target="_blank">Baltard</a> : viandes, gibiers, foies gras, truffes, escargots, poissons fins, légumes. Il portait le nom de son chef et propriétaire, <strong><a href="http://www.bottingourmand.com/whoswho/besson-gerard-fr" target="_blank" class="broken_link">Gérard Besson</a></strong>. On y servait des omelettes en forme d’œuf, à l’ancienne, dans un torchon blanc, et les murs étaient à la longue roussis par les fumets, les odeurs de truffes et de chairs fortes. Quand <a href="http://www.france5.fr/emissions/les-escapades-de-petitrenaud" target="_blank">Jean-Luc Petitrenaud</a> venait y déjeuner avec ses copains, on voyait tourner des magnums de bourgogne blanc si vieux qu’ils étaient devenus jaune bouton d’or, et quand les serveurs soulevaient les couvercles des cassolettes de cailles aux truffes, les deux tiers de la salle, d’émotion, en tombaient de leur chaise. C’était vraiment <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Curnonsky" target="_blank">la France à table</a>. Bien sûr, le restaurant avait le culot de rester debout à la mauvaise époque, celle qui succédait à l’an 2000. Michelin, cherchant à repousser le plus longtemps possible le fauteuil à roulettes, pénalisait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une cuisine française de tradition : Gérard Besson fut soumis au supplice chinois de rigueur et <a href="http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/restaurant/paris-1er-gerard-besson_856271.html" target="_blank" class="broken_link">dépouillé de ses étoiles</a> une à une. Et ne parlons même pas des organismes de promotion de la « jeune cuisine ». Les temps étaient durs pour la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sauce_grand_veneur" target="_blank">sauce grand veneur</a>. Maintenant, bien sûr, tout le monde fait du lièvre à la royale, <em>M Le Monde</em> consacre plusieurs pages au <a href="http://www.lemonde.fr/m-gastronomie/visuel/2015/11/10/le-retour-de-la-cuisine-bourgeoise_4806422_4497540.html#/" target="_blank">retour de la cuisine bourgeoise</a>, et plus personne n’ose sourire quand <a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/2015/10/09/la-bourse-et-la-vie-ne-plus-inventer-mais-faire/" target="_blank">Daniel Rose</a> sert un pot-au-feu.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/Kei.jpg"><img class="alignnone wp-image-89503 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/Kei-540x365.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="365" /></a></p>
<p>Mais avant, c’était avant. En 2011, Gérard Besson passe la main et le restaurant prend le nom de <strong>Kei</strong>. Le lieu fait peau neuve, la patine fauve de décennies de gibiers et de truffes fait place à un blanc pur et nacré. Le nouveau propriétaire, <a href="http://www.restaurant-kei.fr/le-chef.html" target="_blank">Kei Kobayashi</a>, est originaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9fecture_de_Nagano" target="_blank">Nagano</a>. Paris fait connaissance avec son visage paisible et sa coiffure pétard orangé. Il mettra un peu de temps à trouver son point d’équilibre. Au bout d’un moment, il faut voir les choses en face : Kei succédant à Gérard Besson n’est pas tant la victoire inéluctable de la modernité qu’une véritable continuité. Kei, sans renier son style, met celui-ci au service d’un hommage à son prédécesseur, auprès de qui il a travaillé quelque temps avant de prendre les commandes. Curieusement, plus le talent de Kei grandit et se manifeste, plus cette filiation apparaît clairement.</p>
<p>À Nagano, où il travaillait dans un restaurant de cuisine française, la viande était déjà sa grande passion. <em>« Si c’est la viande qui t’intéresse, il faut aller en France »</em>, lui dit son chef. Kei va donc en France sans un sou en poche, vit d’une baguette par semaine, écrit et démarche dans toutes les directions. Il finit par entrer chez <strong><a href="http://www.aubergeduvieuxpuits.fr/en/" target="_blank" class="broken_link">Gilles Goujon</a></strong>, à Fontjoncouse (alors une étoile au Michelin). Le second de cuisine veut le mettre au poisson, mais Kei ne rêve que de viande et ne lâche pas facilement le morceau. <em>Puisque c’est comme ça,</em> se dit-il, <em>je ferai de la pâtisserie.</em> Étape suivante en Alsace, chez <strong>Michel Husser</strong>, à l’<a href="http://www.lecerf.com/" target="_blank">hôtel-restaurant du Cerf</a>, à Marienheim, où Kei donne enfin libre cours à sa préférence en découpant des <strong>chevreuils des forêts vosgiennes à la douzaine</strong> et en passant ses jours de congé en stage chez un <strong>boucher</strong> local renommé. On le retrouve ensuite à Paris, sept ans au <strong>Plaza-Athénée</strong>, avant sa rencontre avec Gérard Besson.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/Kei-salle.jpg"><img class="alignnone wp-image-89505 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/Kei-salle-540x351.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="351" /></a></p>
<p>Kei, c’est d’abord <strong>une des plus belles salles à manger</strong> de gastro parisien. Un grand rideau blanc ajouré tamise la lumière du jour, donnant à l’espace un aspect diaphane sous le lustre de cristal.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller2.jpg"><img class="alignnone wp-image-89506 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller2-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></p>
<p>Tous les codes du restaurant gastronomique sont là, mais sans aucun poids, raideur ou ennui. Il n’y a qu’un sentiment de bien-être et de confort. Pas de solennité, pas d’afféterie, juste du charme. La marque de la sincérité.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-89534 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/glaçons-540x359.jpg" alt="glaçons - à la petite cuillère Sophie Brissaud" width="540" height="359" /></p>
<p>Un <strong>glaçon de shiso pourpre</strong>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Umeshu" target="_blank">umeshu</a> et goutte de saké, fraîcheur et élégance, ouvre d&rsquo;une note vive le menu dégustation.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-89535 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/gougères-540x359.jpg" alt="gougères - à la petite cuillère Sophie Brissaud" width="540" height="359" /></p>
<p>Il est suivi de <strong>gougères</strong> croquantes, d&rsquo;une gourmandise insolente, pleines à craquer d’une crème au gorgonzola et d’une crème au parmesan. Il me semble qu’elles sont légèrement poudrées de cacao. C’est sublime, on en ferait tout un repas. J’ai une amie qui parle d’<strong>orgasme</strong> à chaque fois qu’elle mange quelque chose de bon. Je pense irrésistiblement à elle.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-89536 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/huître-540x359.jpg" alt="huître - à la petite cuillère Sophie Brissaud" width="540" height="359" /></p>
<p>L’huître <a href="http://www.ostra-regal.com/" target="_blank">Ostra Regal</a> (huître sauvage irlandaise, élevée quatre ans par des Bretons) en tartare au bœuf de Galice, accompagnée d’un jus d’herbes, ne fait pas baisser le niveau. Kei a eu la bonne idée d’employer une huître grasse et laiteuse, évitant ainsi au mélange bœuf-huître le côté visqueux qu’il présente trop souvent. Là aussi, on en prendrait bien une autre. Voire deux.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/salade.jpg"><img class="alignnone wp-image-89511 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/salade-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></p>
<p>On continue avec une <strong>salade mélangée</strong> (Kei est un grand mélangeur de légumes) qui dissimule au fond du bol un morceau de saumon sauvage fumé, puis avec un <strong>filet de rouget</strong> au chorizo et au poireau délicatement <strong>croûté de miso</strong> et accompagné d’une réduction de vin rouge.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/rouget.jpg"><img class="size-large wp-image-89538 alignleft" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/rouget-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/langoustines1.jpg"><img class="alignnone wp-image-89524 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/langoustines1-540x361.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="361" /></a></p>
<p>Pour déguster ensuite ces grosses <strong>langoustines fumées au foin</strong>, juteuses, croquantes, parfaites, servies avec un <strong>sauté de champignons</strong> et une sauce homardine.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller1.jpg"><img class="alignnone wp-image-89513 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller1-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></p>
<p>Voici la pièce maîtresse du déjeuner. On n’a pas fini de parler de cet <strong><a href="http://www.marianne.net/oreiller-belle-aurore-100233062.html" target="_blank">oreiller de la belle Aurore</a></strong> façon Kei, qui témoigne de son talent pour les gibiers, les viandes et la pâte. Ce classique lyonnais, ordinairement servi froid (mais pas cette fois), contient seize morceaux de viande et de gibier marinés : entre autres perdreau, lièvre, foie gras, lard de Colonnata. La farce est enrobée d’une fine pâte à pâté, puis d’une délicieuse pâte feuilletée. Double miracle : enfin un pâté chaud où l’on a autant de plaisir à manger le feuilletage que les viandes, et chaque morceau différent est à son <strong>point de cuisson optimal</strong>. Comment fait Kei ? Je ne sais pas.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller4.jpg"><img class="alignnone wp-image-89514 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/oreiller4-540x359.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="359" /></a></p>
<p>Le pâté est découpé en salle et servi avec une fine <strong>sauce champagne</strong>. Que dire ? Si l’on piquait sur un plan de Paris des marqueurs correspondant à ses meilleurs plats, l’oreiller de Kei aurait le sien.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/fromage.jpg"><img class="alignnone wp-image-89515 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/fromage-540x345.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="345" /></a></p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/tatin1.jpg"><img class="alignnone wp-image-89525 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/tatin1-540x373.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="373" /></a></p>
<p>Après cela, on apprécie une <strong>mousse de chèvre frais, gelée de cidre, huile d’olive de Sicile et poivre du Viêt-nam</strong>, et cette très jolie <strong>tarte Tatin déstructurée</strong> — oh, si peu ! —, fondante et caramélisée juste ce qu’il faut, accompagnée d’une allumette feuilletée.</p>
<p>La <strong>force culinaire</strong> de Paris tient à la diversité des genres qui la constituent. L’un des plus intéressants me semble être le <strong>petit gastro indépendant</strong>, dont Kei est une parfaite illustration avec sa <strong>cuisine française gourmande, élégante et fluide</strong>. À chaque visite, son talent brille davantage. Kei est un grand, il grandira encore. Et peu de restaurants à Paris sont aussi parisiens que le sien.</p>
<p>Merci à <a href="http://chihiromasui.com/" target="_blank" class="broken_link"><strong>Chihiro Masui</strong></a> pour le complément d&rsquo;information. Soit dit en passant, Chihiro est l&rsquo;auteur d&rsquo;un <a href="http://www.editionsduchene.fr/livre/chihiro-masui-kei-3238896.html" target="_blank" class="broken_link">superbe livre sur Kei</a>, illustré par les photographies de <a href="http://www.richardhaughton.com/" target="_blank">Richard Haughton</a> (éditions du Chêne). Comme ça, vous en apprendrez encore davantage sur ce chef.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/tatin21.jpg"><img class="alignnone wp-image-89526 size-large" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/12/tatin21-540x341.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="341" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Restaurant Kei</strong> – 5, rue Coq-Héron, Paris Ier. Tél. 01 42 33 14 74. Métro Louvre. Ouvert du mardi au samedi de 12 h 30 à 13 h 30 (sauf jeudi) et de 19 h 45 à 21 heures. Si vous voulez y réveillonner, sachez que le restaurant est fermé les 24 et 25 décembre et du 28 décembre au 4 janvier 2015 inclus, et ouvert les 26 et 27 décembre. <strong>Menu déjeuner 52€, menu dégustation 96€, menu prestige (caviar et bœuf) 148€.</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>À la petite cuillère</strong><br />
Texte et photos : Sophie Brissaud</p>
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		<title>AG Les Halles, Paris : l’autobus redémarre, Alan Geeam au volant</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2015 21:14:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Brissaud]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À la petite cuillère J’aime l’automne parce que c’est la saison des pommes, des champignons, des courges, des châtaignes et des ouvertures de restaurant. Bon, les restaurants ouvrent un peu tout le temps, c’est vrai, mais cette sensation de reprise des affaires, de fructification n’appartient qu’à cette saison. Et parmi les ouvertures de cet automne, celle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/salle2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87586" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/salle2-540x356.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="356" /></a><span style="color: #ff0000;">À la petite cuillère</span></h4>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/A-FS-copie1.jpg"><img class="alignleft wp-image-87456 size-full" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/A-FS-copie1.jpg" alt="F&amp;S" width="30" height="30" /></a>J’aime <strong>l’automne</strong> parce que c’est la saison des pommes, des champignons, des courges, des châtaignes et des ouvertures de restaurant. Bon, les restaurants ouvrent un peu tout le temps, c’est vrai, mais cette sensation de reprise des affaires, de fructification n’appartient qu’à cette saison. Et parmi les ouvertures de cet automne, celle d’<a title="Alan Geeam" href="http://www.alangeaam.fr/" target="_blank" class="broken_link">Alan Geeam</a> aux Halles est à noter, même si elle ne se fait pas tambour battant. C’est un <em>slow opening</em>, en douceur, pour bien mesurer les choses, goûter sans stress et ajuster le tir en fonction des avis collectés.</p>
<p>Ah mais je connais cet endroit ! Il y a peu, ça s’appelait encore <strong>L’Autobus Impérial</strong> et c’était toujours un peu à côté de la plaque. On n’y a jamais vraiment bien mangé. On se demandait qui allait un jour rendre justice à ce splendide espace Belle Époque aux volumes atypiques. C’est fait : Alan Geeam (propriétaire de l’<a title="Auberge Nicolas Flamel" href="http://www.auberge-nicolas-flamel.fr/" target="_blank">Auberge Nicolas Flamel</a> et d’<a title="AG Saint-Germain" href="http://ag-restaurant.fr/" target="_blank">AG Saint-Germain</a>) réinvestit le lieu et se l’approprie, mettant fin à des décennies de manque de personnalité et de cuisine incertaine.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/apéro-oublié.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87587" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/apéro-oublié-540x357.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="357" /></a></p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/cocktails.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-87591" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/cocktails-540x708.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="340" height="447" /></a>La salle a été revêtue d’un camaïeu de bleu roi et de tons porcelaine doux au regard. Une peinture murale toute fraîche affiche les mots <strong>apéro oublié</strong>. Et de fait <strong>Nathalie</strong>, la barmaid, excelle dans les breuvages doux-amers à l’ancienne, style vermouth ou negroni, tout en fraîcheur et en zestes d’agrumes.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/Alan.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87592" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/Alan-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a>Les plus beaux hommages à la cuisine française viennent souvent de gens qui ne sont pas nés en France. Les exemples sont légion, mais il n’est pas donné à tout le monde de voir le jour au <strong>Liberia</strong> de parents américano-libanais et d’avoir grandi sur trois continents. Alan a appris la cuisine en apprenant la vie : auprès de sa mère, puis de l’Australie au Liban, de l’Italie à Prague, avant de débarquer en France en 1999 sans un sou en poche mais déterminé à se former à la cuisine française, et pas à moitié. Au fil du temps, il y injecte les saveurs découvertes autour du monde. Le résultat est remarquable d’équilibre et de sagesse. Des saveurs dosées, travaillées, un peu sur le fil du rasoir, jouant tantôt de l’harmonie, tantôt du contraste, mais toujours pertinentes. Les meilleurs produits (à notre sortie du restaurant, une caisse provenant du <strong><a title="domaine de Saint-Géry" href="http://www.saint-gery.com/" target="_blank">domaine de Saint-Géry</a>,</strong> dont je vous parlerai un jour, venait d&rsquo;atterrir sur le comptoir). Des cuissons d’une grande précision, notamment sur les poissons. Un travail d’équilibriste, tout en nuances, dont la sincérité s’affirme à chaque bouchée. Et <em>last but not least</em>, <strong>des prix remarquablement bas</strong> pour une cuisine de niveau gastro.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/brioche-enfance.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87601" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/brioche-enfance-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a>La première chose qu’on nous sert, c’est <strong>l’enfance</strong> d’Alan : mini-brioches tièdes accompagnées d’une huile d’olive versée sur des pincées de sumac et de <a title="zaatar" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zahtar" target="_blank"><em>zaatar</em></a>. Une façon de nous signifier que nous allons partager avec le chef quelques-uns des souvenirs qui l’ont poussé très tôt vers la cuisine. Un cuisinier raconte toujours une histoire, mais tous ne la rendent pas aisément lisible. Plus le chef est animé du désir de donner, plus l’histoire est claire.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/huître.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87598" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/huître-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a>La <em>kitchen team</em> attaque fort avec un <strong>tartare d’huître à la granny smith</strong>. D’habitude, le tartare d’huître, je m’en méfie : saveurs pas toujours très nettes, mélanges finalement pas si heureux que ça, texture un brin aqueuse. Là, je ne sais trop comment Alan s’est débrouillé, mais il a évité tous les pièges tendus par le mollusque traître : c’est onctueux, doux et suave, et la petite <strong>crème montée au yuzu</strong> vient poser une note fraîche.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/raviole.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87600" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/raviole-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a><strong>Raviole de foie gras, butternut, mandarine poudre de cacahuète, écume.</strong> Très <em>comfort food</em>, crémeux, immatériel, et hop — y en a plus.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/maigre.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87599" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/maigre-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a><strong>Filet de maigre</strong> si parfaitement cuit que la délicatesse de ce poisson (trop souvent cotonneux) est intacte. <strong>Couteaux, vierge de salicorne, et risotto <em>venere</em></strong> mêlé à des épinards (bonne idée).</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/bœuf.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-87595" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/bœuf-540x730.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="340" height="459" /></a><strong>Pavé chevillard, purée de panais, oignons grelots</strong> avec un beau jus de bœuf et un cromesqui de moelle.</p>
<p><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/dessert.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87596" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/dessert-540x360.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="360" /></a>Dessert épatant : <strong>savarin aux fruits exotiques, passion, tuile croquante</strong>, le genre de dessert que malheureusement très peu osent encore servir (d’ailleurs, la prochaine fois qu’on me sert du panais au sirop ou un entremets au céleri-rave, il va y avoir de l’assiette dans la figure).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/fromages.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-87597" src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/fromages-540x311.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="540" height="311" /></a>J’allais oublier le fromage (de l’affineur <strong>Sanders</strong>, rue Lobineau). La <strong>confiture de pommes rubinettes aux raisins</strong> préparée par la belle-mère d’Alan, acidulée, peu sucrée, s’accorde avec tous les fromages du plateau.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/apéro2.jpg"><img class="alignleft wp-image-87594 " src="http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2015/11/apéro2-515x800.jpg" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" width="341" height="529" /></a>La prudence d’Alan l’honore : un slow opening est toujours une bonne idée. Mais vu la qualité de ce qu’il sert, il aurait tout aussi bien pu faire un soft opening, un hard opening, un flash opening ou un fast opening, ça nous aurait été égal : quand c’est bon, c’est bon. Maintenant que c’est <em>fully open</em>, allez-y, vous vous régalerez sans vous ruiner. N’oubliez pas de prendre un petit cocktail avant, ça vaut le coup.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>AG Les Halles<br />
</strong>14, rue Mondétour, Paris Ier.<br />
Tél. : 01 42 61 37 17. Ouvert<br />
du lundi au samedi de 12 h 30<br />
à 14 h 30 et de 19 heures<br />
à 22 heures.<br />
Formules déjeuner de 18<br />
à 42 €, accords vins +20 €,<br />
carte environ 35 €.<br />
Formules du soir de 39<br />
à 55 €, accords vins +30 €,<br />
carte environ 40 €.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff0000;">- À la petite cuillère &#8211;<br />
</span>Texte et photos : Sophie Brissaud</p>
]]></content:encoded>
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